Les hôpitaux publics vont mal, très mal. Qu’ils soient petits ou grands, à Paris ou en province, partout les maux sont les mêmes : manque de moyens et de personnel, fermetures massives de lits, de services – ou d’établissements entiers. Pour le personnel soignant, cela se traduit par du stress et de l’épuisement, l’impossibilité de prendre ses congés, la souffrance de ne pouvoir prodiguer aux patients tous les soins nécessaires. Pour les malades, c’est la difficulté à être soigné à proximité de son lieu de vie, et des délais d’attente pouvant atteindre plusieurs mois pour une opération ou une consultation externe, comme l’a montré une enquête parue en février dans le mensuel 60 millions de consommateurs.
Emblématique de l’excellence de notre système public, l’Assistance publique de Paris l’est aussi de ces difficultés. Elle doit faire face à la suppression programmée de 4 000 emplois et à la mise en cause de sites de référence, comme les services de pédiatrie spécialisée de l’hôpital Trousseau.
Le remède apporté par le gouvernement ne peut qu’aggraver la situation. Sommer les hôpitaux publics d’être rentables, c’est les condamner à ne plus pouvoir assumer leurs missions essentielles : assurer à tout patient des soins de la meilleure qualité, former les futurs médecins, participer à la recherche.
La mise en place des Ars (Agences régionale de la santé) qui se mettent en place ce mois-ci résulte de la loi Bachelot auront pour conséquence d’aggraver cette situation. En effet, elles vont réorganiser les hôpitaux dans le sens de l’autoritarisme et de la marchandisation de la santé. Ce problème est particulièrement aigu en Ile de France puisque le nouveau directeur soutient le programme de démantèlement de l’APHP (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris)
Bien sûr, il reste le privé, qui s’engouffre avec gourmandise dans les créneaux les plus rentables. Il offre des soins de qualité, des délais souvent plus courts.... mais la pratique des dépassements d’honoraires y est la règle dominante. Tant pis pour ceux qui ne peuvent payer. La médecine à deux vitesses n’est plus un épouvantail. C’est aujourd’hui une réalité en France. Est-ce vraiment ce que nous voulons ?
L’exemple britannique montre la rapidité avec laquelle peut s’effondrer un système de santé public, et l’immense difficulté qu’il y a à le reconstruire.
Il faut réagir, notre santé est en danger.
Voici une liste des propositions que nous faisons afin de donner des moyens aux hôpitaux :
- Inventer un nouveau contrat médical qui donnera plus de place à la prévention, car mieux vaut prévenir que guérir. Et demain, les médecins doivent être rémunérés de manière plus forfaitaire.
- Mettre fin aux niches fiscales (stock-options, retraites chapeaux) qui favorisent les plus riches 5 milliards par an.
- Supprimer les exonérations existantes de cotisations sociales (heures supplémentaires, bas salaires) : 30 milliards par an.
Alors donnons-nous les moyens : la santé n’est pas un luxe, c’est un droit.
Vœu proposé au Conseil Municipal du 14 avril 2010 par Antonio Oliveira, maire-adjoint à la santé, à la prévention, à l’hygiène publique, et aux risques sanitaires et majeurs


