La semaine qui s’achève a été rude pour le Président Sarkozy. Les Socialistes ont été offensifs pour contredire la politique présidentielle méprisante et libérale, et cela a porté ses fruits.
Du côté de Dakar
En début de semaine, dans son discours à Dakar, Ségolène Royal a offert une autre lecture de l’Afrique que celle, très choquante, prononcée par Sarkozy en juillet 2007.
Le Président affirmait que « le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ».
Ségolène Royal a demandé « pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis ». Elle a rajouté que « Oui, la France doit honorer sa dette à l’égard de l’Afrique et que les Français doivent apprendre à l’école ce qu’ils ont reçu de l’Afrique. Quand notre territoire national fut envahi, l’Afrique fut un refuge et une aide pour les forces de la France Libre. Les soldats africains ont contribué, sur tous les champs de bataille, à inverser le cours de l’histoire. Le 8 mai 1945, sans l’Afrique et les Africains, jamais la France n’aurait retrouvé sa liberté ».
Les Socialistes prêts pour les Européennes
Mardi, l’ensemble des secrétaires de section franciliens étaient réunis à l’Assemblée National autour de notre secrétaire nationale, Martine Aubry, d’Harlem Désir, tête de liste pour les Européennes en Île-de-France, David Assouline et Jean-Christophe Cambadélis, pour une réunion de travail sur la campagne des élections européennes.
Le Parti Socialiste est le premier parti français prêt et organisé pour les élections de nos eurodéputés. Toutes nos listes ont été validées par les militants et tous nos candidats sont connus. Nous disposons d’un programme commun à l’ensemble des partis socialistes et socio-démocrates de l’Union Européenne et c’est une première dans l’histoire politique de l’UE. Nous avons également un texte d’orientation adapté à notre pays. Et les Socialistes européens soutiennent dès à présent la candidature de Poul Nyrup Rasmussen à la tête de la Commission Européenne , à la place du libéral Barroso.
De son côté, l’UMP n’a toujours pas de programme et toujours pas de liste. Gaudin est même prêt à jeter l'éponge tellement c'est complexe ! Chez Bayrou, on n'a annoncé que les têtes de listes. Au PC, ce n’est pas fait parce qu'il y a de la friture avec Jean-Luc Mélenchon et son Parti de Gauche. Et c'est le bazar chez Besancenot parce que la LCR a tout raflé sur les listes du NPA !
Pour visiter notre site de campagne sur les élections européennes : http://www.changerleurope.eu
Camembert Président
C’est par cette formule ironique que le journal Libération saluait le camouflet infligé par le Conseil d’État au CSA à propos du temps de parole de Sarkozy.
Le Conseil d’État a ainsi estimé que le CSA ne peut « exclure par principe toute forme de prise en compte des interventions du président de la République et de ses collaborateurs dans les médias ». Cette décision, prise par la plus haute formation de la juridiction administrative, rappelle ainsi son devoir au CSA : celui-ci doit garantir le pluralisme des opinions. Elle exprime aussi une évidence que refusait d’admettre le CSA : le chef de l’Etat est à la fois au-dessus des partis et acteur politique majeur.
C’est donc une victoire pour la démocratie et la liberté de paroles, grâce à l’action de nos députés socialistes François Hollande et Didier Mathus qui avaient saisi le CSA, puis le Conseil d’État.
Pour lire la décision du Conseil d’État : http://www.conseil-etat.fr/ce/jurispd/index_ac_ld0911.shtml
Le rejet d’Hadopi
Enfin, hier, les Socialistes qui avaient bataillé longuement contre la loi Hadopi , techniquement impossible à mettre en œuvre et déontologiquement impossible à admettre, ont remporté une belle victoire par le rejet du projet de loi à l’Assemblée Nationale. 21 voix contre et 15 pour.
Les députés UMP, sûr d’eux ou refusant de prendre part à un vote pour une loi qui ne fait pas l’unanimité dans le clan présidentiel, étaient aux abonnés absents. Le premier d’entre eux, Jean-François Coppé, n’ayant même pas pris la peine de se déplacer dans l’hémicycle pour voter.
Le député socialiste de Paris, Patrick Bloche, a ainsi évoqué « une défaite politique pour Nicolas Sarkozy à titre personnel ».
Pour voir le vote :
Rejet de l'Hadopi à l'Assemblée le 9 avril 2009
envoyé par Mediapart
Dans les coulisses de l’Assemblée au moment du vote : http://auxmarchesdupalaisbourbon.blogs.liberation.fr/2008/2009/04/loi-internet-ha.html



