Le turbocapitalisme contre la laïcité
La phase actuelle du capitalisme, celle de la domination sans limites, totalitaire, de la financiarisation, se caractérise par le remplacement d’un système ou la richesse (produits et services) est issue de la production par un système où la circulation de masses financières l’emporte sur la production, où c’est le mouvement qui créé artificiellement une richesse fictive, ce que certains appellent le « turbocapitalisme ». Ce n’est pas une bulle financière exceptionnelle qui crève de temps en temps, nous vivons dans un monde où des masses de capitaux flottants enflent et gonflent avec un rapport de plus en plus ténu avec la production, constituant une énorme bulle spéculative.
Jérôme Kerviel gagnait de l’argent, tout à fait régulièrement avant qu’il ne prenne des risques non autorisés, en prenant des paris sur l’évolution des cours moyens des bourses étrangères. Les banques jouent à une espèce de casino !
Mais ce système financiarisé ne produit pas que de savoureuses histoires de traders fous, il créé une pauvreté de plus en plus grande à un bout de l’échelle et une richesse de plus en plus insolente à l’autre. 1% des sommes dégagées pour sauver les banques aurait permis de financer la totalité des programmes d’éradication de la faim dans le monde. Chefs d’État des G8, 15, 20, etc., institutions financières mondiales, ONU, ne les ont pas trouvés, mais ont publié de vertueuses déclarations sur ce qu’il faudrait faire, dans le futur…
Pour faire accepter l’injustice sociale, le système politique n’a rien trouvé de mieux que les deux recettes éprouvées de tous les réactionnaires :
- le nationalisme,
- le communautarisme,
- l’irrationalisme,
- l’individualisme.
Si vous croyez que votre situation difficile est la conséquence des menées agressives des autres pays, que vous devriez faire appel à la solidarité des membres de votre communauté (culturelle, religieuse, sociale..), que le monde ne s’explique pas rationnellement mais qu’il est le terrain de luttes entre comploteurs divers et de forces mystérieuses (ou de Dieu contre le Diable), et que l’action collective ne paye pas et que vous pouvez vous débrouiller seul, alors vous ne représenterez plus un danger pour le turbocapitalisme.
C’est ce qu’a bien compris Nicolas Sarkozy, et plus globalement la droite française : le citoyen membre conscient d’une République laïque, voilà l’ennemi. D’où le soutien constant aux communautarismes, la médiatisation des parcours individuels de réussite, et l’opposition déclarée à la laïcité. Si les mécontents cherchent à s’en sortir individuellement, ou se battent entre eux sur des bases communautaristes, ils laisseront les grands groupes financiers amis de Sarkozy continuer à s’enrichir tranquillement.
Pour l’annulation de l’accord Kouchner-Vatican
Le gouvernement Fillon vient de passer en catimini un accord avec le Vatican, sans débat parlementaire, par un décret publié au journal officiel du 20 avril 2009, par lequel il accorde au Vatican le droit d’accorder des diplômes universitaires français.
Le Vatican pourra ainsi délivrer des diplômes, à partir du baccalauréat, suivant ses propres critères, et ceux-ci seront automatiquement valables au même titre que ceux délivrés par l’Education Nationale.
Ce droit reconnu à une Église est une atteinte grave à la laïcité. Si l’enseignement privé a le droit d’exister en France, les titres universitaires ne peuvent être, ne pouvaient être jusqu’à cet accord antirépublicain, délivrés que par l’Éducation Nationale.
Cet accord, s’il est appliqué verra donc désormais des diplômes équivalents en droit à ceux de l’Éducation Nationale, être délivrés par une Église suivant ses propres critères. Il y aurait un bac catholique, des licences catholiques, etc.
Et qu’adviendra-t-il en plus des établissements catholiques qui refusent de s’aligner sur l’obscurantisme vaticanesque ? Leurs élèves seront-ils privés de diplômes ?
Le Parti Socialiste, par la voix d’Axel Urgin, secrétaire national à la laïcité, a fermement condamné cet accord. La Fédération des Hauts-de-Seine a pris position dans le même sens.
Plusieurs recours devant le Conseil d’État, qui demandent tous l’abrogation, ont été déposés par les associations et mouvements laïques.
Une pétition de soutien est ouverte en ligne :
Le site de Martine Gouriet : http://comite1905.over-blog.com
Courriel : patricedecorte@aol.com
Rencontre entre l’UFAL et la commission laïcité de la Fédération PS des Hauts-de-Seine
Le 12 juin 2009, la commission a rencontré Monique Vezinet, présidente nationale de l’Union des Familles Laïques (UFAL).
Au cours de cette entrevue nous avons pris connaissance de l’identité de l’UFAL, qui se définit comme un mouvement d’éducation populaire et non comme un mouvement d’idéologie familialiste. Monique Vezinet nous a retracée l’historique des prises de position qui ont précisé la conception de l’action de l’UFAL : loi sur le port de signes religieux ostensibles à l’école, caricatures de Mahomet, affaire du gite des Vosges. L’UFAL maintient, comme il nous semble notre parti, la nécessité d’une distinction stricte entre sphère privée (où chacun est libre de ses opinions sans restrictions) et sphère publique (où les règles laïques de vie en société s’imposent à tous).
Ainsi l’UFAL a pris position dès le début pour la loi dite « du voile islamique », a défendu le droit des caricaturistes de représenter qui ils veulent, mais s’est différenciée à l’occasion d’une tentative d’ « interdire le port du voile dans un gite, de ceux qui faisant une fixation sur l’Islam, veulent faire prendre des mesures légales coercitives contre cette religion ».
L’UFAL développe des contacts européens et internationaux, elle a organisée récemment des Rencontres Laïques Internationales.
Nous avons convenus de rester en contact, et dans le cadre de la rénovation du parti de voir si les réflexions thématiques de l’UFAL (féminisme, santé, services publics) pourraient nous enrichir, et réciproquement. L’UFAL 92, récemment créé, nous informera de ses activités.
Le site de l’UFAL : http://www.ufal.org



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