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lundi 08 juin 2009

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Voici les sites qui parlent de Résultats des élections européennes à Malakoff :

Commentaires

sirius

4 élections et un enterrement
"Les partis sont mortels, comme les civilisations, pour plagier Paul Valéry. Le Parti Communiste a sombré corps et âme dans le rejet du totalitarisme. Le trotskysme tente de prolonger l'histoire mais les peuples sont intelligents: l'échec de Lénine et de Staline ne fait pas la victoire de Trotsky. C'est un trio à mettre dans le même sac."
"Le Parti radical survit tant bien que mal, réparti entre la Gauche et la Droite dans l'épuisement de son programme: il a donné le meilleur de lui-même à la République. Sa mission est donc terminée. Il y a des réussites qui aboutissent à des disparitions."
"La démocratie chrétienne, incarnée par le Mouvement Républicain Populaire, puis les divers Centres Démocrates, s'éteint doucement au rythme de la désertion des églises et des séminaires."
"Le gaullisme s'éloigne dans l'esprit des Français. De Gaulle est venu deux fois en sauveur: pendant le second conflit mondial pour résister puis libérer le pays; pendant la guerre d’Algérie pour sortir la France de ce bourbier. Ce temps est lointain et relève de l’histoire au lycée."
"Et s’il arrivait le même sort au socialisme démocratique? il est né au 19ème siècle qui lui a donné une figure emblématique: Jean Jaurès. Les Français lui ont accordé cinq victoires politiques: 1936, 1956, 1981, 1988, 1997. Depuis plus rien, sauf les succès locaux. Pourquoi?"
"L’échec historique du communisme a cru signifier le grand succès du socialisme. La crise actuelle du capitalisme devait signer le grand retour de la social-démocratie. Il n’en est rien: ni dans un cas ni dans l’autre."
"Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique leur a apporté tout ce qu’il pouvait donner? Il a réduit le temps de travail, donné des congés payés, diminué l’âge de départ à la retraite. Toutes choses acquises aujourd’hui et plutôt à défendre qu’à accentuer. Il a étendu les libertés, aboli la peine de mort, obligé la parité. Sur ce terrain, qu’attend-on de plus? Les socialistes seraient-ils alors comme les radicaux: au bout de leur rouleau!"
"Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique est inadapté à la nouvelle configuration du monde? Finalement, il serait ni utile ni efficace dans le cadre de la mondialisation, peu lisible dans ses initiatives européennes. Les socialistes seraient donc aussi comme les communistes: arrivés à terme!"
"Son histoire récente plaide pour une issue pessimiste: éliminé du second tour de l’élection présidentielle en 2002, profondément divisé sur l’Europe en 2004 et 2005, éloigné par sa candidate à l’élection présidentielle en 2007 qui vivait son parti comme un handicap dans sa campagne, écartelé dans un Congrès de Reims qui se conclut par un échec et une désignation contestée de sa Première Secrétaire, malmené par ses courants au point d’en faire le maître d’œuvre de ses listes pour le Parlement européen, défait aux élections européennes du 7 juin 2009, quel Français peut lui faire confiance et lui confier les destinées de son pays? C’est normal qu’il y regarde à deux fois."
"Quelqu’un a bien compris cette situation et attend que le fruit soit suffisamment mûr pour le cueillir: François Bayrou. Ne le croyons pas encore éliminé pour 2012 après son insuccès de 2009. Si le Parti Socialiste n’incarne pas ou incarne mal l’aspiration sociale-démocrate rénovée des Français, le Modem peut servir de parti d’accueil pour une présidentielle comme les écologistes pour les européennes. Après tout, François Bayrou s’inspire de grands précédents: Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand n’ont pas rencontré le socialisme dans leur berceau. Ils l’ont rejoint, ils l’ont rencontré, ils l’ont conquis. Le Président du Modem cherche à les imiter. Il faut donc accepter dès maintenant de l’interpeller sur sa propre stratégie et accepter de vérifier points d’accord et de désaccord. Car François Bayrou est un chef national sans troupes locales. Le PS a des troupes locales à travers son réseau d’élus, il n’a pas de chef national reconnu et crédible. La Gauche rassemblée doit elle aussi comprendre cette nécessité si elle espère l’alternance en 2012."
"Que peut apporter le socialisme démocratique à la société française? Son rendez-vous avec le peuple sera 2012. La crise sera-t-elle terminée? Qui peut le prédire? Ce qui est sûr, c’est une France endettée comme jamais, des déficits publics sans doute abyssaux, un commerce extérieur probablement peu florissant, un chômage toujours haut. Le socialisme démocratique ne pourra se montrer distributeur comme si tout allait bien. S’il se met à épouser toutes les protestations et à accompagner toutes les revendications, il n’aura aucune crédibilité. Les Français ne sont pas stupides. Chacun a compris qu’il faut changer mode de vie et mode de consommation. La mission des sociaux-démocrates est de participer à ce changement en l’accompagnant de la réduction des inégalités. C’est cette nouvelle façon de vivre qu’il nous revient de définir."
"Le PS doit donc se donner cet objectif: réduire ces inégalités entre les Français, qu’elles soient de revenus ou de patrimoine, issues du travail ou du capital. C’est un effort qui demandera du courage pour celui ou celle qui portera les couleurs de ce socialisme-là et de la cohérence dans ses propositions. Cela supposera de s’atteler à la question fiscale pour lui redonner plus de justice. Il ne faudra pas craindre de revoir l’impôt sur les successions car si un patrimoine prend de la valeur par la seule mécanique du marché et non du travail, il n’est pas anormal que la société s’en trouve bénéficiaire. Il faudra oser dire qu’à part les allocataires des minimas sociaux, tout le monde doit payer des impôts sur le revenu. Il y va du contrat civique entre les Français. Dans ce cas, les niches fiscales doivent être traquées, les stock-options taxées…. L’appât du gain ne peut pas être le seul moteur de la vie et il y a forcément des limites aux rémunérations des dirigeants. Le travail doit être récompensé, le mérite reconnu, la rente combattue, l’excès d’argent condamné."
"Le socialisme démocratique évolue dans la tension entre la liberté et l’égalité. Cette dernière est mise à mal depuis plusieurs années. Si les socialistes ne réduisent pas les inégalités, à quoi servent-ils? Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du Parti socialiste. Si un parti, comme structure d’organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s’étioler, agoniser lentement. Au PS de s’en inquiéter. Lui-même peut disparaître même si le socialisme démocratique restera toujours une aspiration de millions de Français."

Bernard Poignant
Maire de Quimper (PS)

sainluc

Le score du 7 juin a de multiples raisons. J’en ai vu quelques unes:
- L’image calamiteuse de Reims. Le PS ne voit pas venir la révolution démocratique nécessaire et c’est pour cela qu’il se meurt. Il faut aller vers l’inconnu pour trouver du nouveau.
- Des petites erreurs de campagne ; élaboration des listes, stratégie Sarko-Barroso stop, un bulletin de vote tristounet
- Mais aussi sur un plan plus global et stratégique : Notre parti s’est trompé de campagne et d’électorat, en grande partie pour des raisons d’équilibres internes à la direction. On a voulu faire plaisir au soldat Hamon… et on a tué le soldat Hamon. Aux Européennes, votent les couches moyennes et supérieures urbanisées, et les retraités. Les derniers votent à droite en majorité, les premiers constituent une catégorie volatile mais attachée à un discours européen.
Notre critique de l’Europe libérale a été interprétée comme une tiédeur à l’égard de l’Europe. Cohn Bendit a su capter cet électorat, en mixant habilement Europe et questions environnementales. Il a bénéficié de nos voix plus que le Front de Gauche.
- Nous n’avons pas su utiliser « le Manifesto » dans son aspect le plus novateur : l’esquisse d’un modèle de développement autour d’un tryptique qu’avait porté Ségolène: efficacité économique, sécurité pour la sphère sociale, exigence environnementale. La direction a préféré faire une campagne des années 80, faute d’être capable d’entendre les citoyens et de faire travailler, dans et hors le parti, ceux qui ont des compétences et qui sont tenus à l’écart par un conglomérat de grands féodaux.
- Nous avons aussi été emportés par un phénomène européen : face à la crise, les droites au pouvoir ont su faire passer l’idée qu’elles incarnaient une stabilité rassurante et qu’elles étaient pragmatiques. En reprenant des idées de gauche !

Le seul sujet aujourd’hui : comment sort-on le PS et la gauche de cette situation, sachant que le vote Vert est tout sauf un vote d’adhésion à un programme. Lequel d’ailleurs ? Celui de la décroissance de Cochet avec un impôt supplémentaire au 3ème enfant, l’anarcho-syndicalisme de José Bové, le gouvernement des juges version Eva Joly ?

Trois dimensions doivent être abordées :
- celle du programme : elle est commune à tout le PSE. Il faut affiner nos réponses, refuser les tabous et mieux communiquer de manière plus pragmatique Les gens ne supportent plus les slogans et le robinet à produire des phrases toutes faites ;
- celle de la méthode pour rassembler la gauche : accord de gouvernement le plus large possible et primaires ; l’abandon du système des motions
- celle de la rénovation du parti et de sa gouvernance, avec notamment un meilleur équilibre entre appareil et militants.

C’est beaucoup de travail, mais c’est la condition pour ne pas voir la droite gouverner ce pays pour les vingt ans à venir ! C’est ce travail qu’il faut faire, partout où nous sommes : dans le 92 comme dans les universités populaires de la connaissance.
Et je ne suis pas sur qu’il faille attendre 6 mois pour commencer…

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