Le rapport publié aujourd’hui par la Commission des finances du Sénat atteste du caractère insincère du budget 2008. Il démontre, chiffres à l’appui, que :
• l’effort de rationalisation de la dépense publique relève de l’illusion, puisque l’État le fait supporter par les collectivités locales en les privant de 335 millions d’euros de dotations, tout en s’autorisant lui-même à dépenser 700 millions d’euros de plus que prévus ;
• la présentation du budget est fallacieuse, puisque de nombreuses dépenses ont été volontairement sous évaluées : 1,3 milliard d’euros, et même 2 milliards si l’on tient compte d’une soulte que l’État doit verser à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse ;
• le plan pluriannuel présenté à nos partenaires est intenable : des économies de 60 milliards d’euros doivent être dégagées pour respecter sa promesse d’équilibre budgétaire d’ici 2012.
Le constat pourrait d’ailleurs être sensiblement plus alarmant, puisque le rapporteur s’appuie sur les hypothèses macroéconomiques du gouvernement, c’est-à-dire sur un scénario de croissance auquel plus personne ne croit (entre 2 et 2,5%), ainsi que sur des cours du baril de pétrole (73 $) et de l’euro (1,37$ ) en décalage avec la réalité.
L’irréalité de la loi de finances pour 2008 démontre une fois de plus que le gouvernement prévoit, une fois les élections locales passées, de mettre en place un tout autre budget, qui conjuguera à la fois les hausses d’impôts et de taxes et des restrictions drastiques de dépenses.
Communique de Michel SAPIN
Secrétaire national à l’Économie et à la Fiscalité
Commentaires