L’ensemble de la communauté éducative s’est fortement mobilisée en ce mois d’avril, pour dénoncer les évolutions voulues pour l’Ecole par le ministre X.Darcos. Pas une semaine sans que des dizaines de milliers de personnes (parents, enseignants, élèves, associations éducatives complémentaires de l’enseignement public) ne descendent dans la rue. Car même si la presse s’est principalement faite l’écho du mouvement lycéen, c’est bien l’ensemble du système éducatif (de l’école maternelle jusqu’au lycée) qui est touché par les mesures annoncées.
De quoi s’agit-il ?
D’abord de la suppression de 11200 emplois au sein du Ministère de l’éducation dont près de 8800 postes d’enseignants (5300 au titre des « évolutions démographiques » et de la « rationalisation des moyens » auxquels s’ajoutent 3500 postes transformés en heures supplémentaires).
Pour l’académie de Versailles, ce sont 276 Equivalents Temps Plein (ETP) qui disparaîtront et 302 emplois qui seront convertis en heures supplémentaires, soit un total de 578 ETP supprimés. Injonction est donc faite aux établissements d’imposer à leur personnel un taux d’heures supplémentaires en forte hausse pour palier les postes supprimés: 6,5 % en moyenne dans les collèges et 12 % dans les lycées des Hauts-de-Seine. Au-delà de la fragilisation orchestrée du fonctionnement des établissements de notre département, il y a là un risque évident que des enseignements obligatoires ne soient pas ou ne soient que partiellement assurés.
Par ailleurs, la précipitation avec laquelle est conduite la réforme du bac pro 3 ans (contre 4 ans aujourd’hui) ne va pas sans susciter des inquiétudes pour les élèves du lycée professionnel. Que vont devenir les BEP dans ce contexte ? Quelle solution apportera-t-on aux élèves les plus en difficulté ?
Pour protester contre ces orientations, plusieurs établissements des Hauts-de-Seine ont ainsi vécu des blocages ces dernières semaines : Lycée prof. D.Balavoine (Bois-Colombe) , Lycée J.Jaurès (Châtenay-Malabry), Lycée L.Michel (Nanterre), Lycée M.Genevoix (Montrouge), Lycée Newton (Clichy), Collège G.Moquet (Gennevilliers), Lycée Jean Pierre Vernant (Sèvres), Lycée Michelet (Vanves), Lycée Monod (Clamart), Lycée Pasteur (Neuilly),… d’autres devraient sans aucun doute les rejoindre dès le retour des congés scolaires.
Du côté de l’école primaire , la réforme annoncée par le gouvernement devait réorganiser le temps scolaire, proposer des dispositifs soi-disant de remédiation, réécrire les programmes. Tout ceci sans avis de la représentation nationale et sans concertation avec les enseignants et avec l’ensemble des partenaires ! On ne s’étonnera que peu du résultat et du désaccord global auquel il aura conduit : alourdissement des programmes (plus de matières enseignées, connaissances visées en fin de CM2 identiques à celles attendues aujourd’hui en fin de 5ème !) et de la journée de l’élève (le Ministre en profite pour glisser son projet de semaine de 4 jours…). Au final, plus de choses à apprendre avec moins de temps… la semaine passant de 26 à 24 heures.
Enfin, l’école maternelle n’est pas en reste dans la furie de rupture du ministre : la scolarisation des 2-3 ans disparaît tout simplement des nouveaux textes ! Alors qu’elle était prioritaire dans les quartiers difficiles, on peut se demander si elle y sera abandonnée ?
Si l’amélioration du système éducatif ne passe pas systématiquement par un accroissement des moyens, elle ne peut se conduire en offrant « moins de services, moins de personnel et moins d’Etat » comme le propose le Premier ministre.
La transformation de l’Ecole implique une toute autre ambition pour mener à la réussite l’ensemble des élèves. Elle ne passe pas par les arguments incantatoires de l’Ecole d’antan mais doit assurer une égalité réelle des chances pour tous, avec des moyens et des pédagogies adaptés.
Nous, socialistes, devons porter ce message d’une Education émancipatrice et d’une politique éducative, moteur du développement de notre pays.
Des journées d’action et de mobilisation auront lieu le 15 et 24 mai prochains pour la défense d’un service public d’éducation. J’invite tous les socialistes de notre département à y prendre une part active.